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  • : Un an en Hypokhâgne pas à près pas : l'hypo-réalité, vous en rêviez p'têtre pas, mais on l'a fait quand même.
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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 00:27

Et oui, ça fait presque 6 ans que je me suis lancée dans les études supérieures et que j'ai posté mon premier article sur ce blog.

Comme je trouve qu'il n'y a rien de plus frustrant qu'un blog laissé à l'abandon sans que l'on sache ce que son auteur est devenu, je reviens vous donner quelques nouvelles.

Comme vous le savez, l'année dernière, j'ai intégré un MBA (équivalent d'un M2) en Production Audiovisuelle à l'ESG, une école de commerce parisienne. Cette année m'a permis de suivre des enseignements moins théoriques qu'en fac et surtout d'engranger de l'expérience professionnelle via des stages, ce qui me manquait cruellement jusque là.
Je ne prétends pas avoir un avis général sur les écoles de commerce, car c'est univers auquel je me suis finalement assez peu intéressée, et qu'il y a énormément de types d'écoles de commerce différentes (les post-bacs, celles qu'on intègre après une prépa...) : à l'image des prépas, toutes les écoles de commerce ne sont pas à mettre dans le même panier.
Globalement, j'ai trouvé cette année très intéressante d'un point de vue profesionnel (tous mes profs étaient des professionnels de l'audiovisuel) mais, comparée à la fac, pas franchement d'une grande richesse intellectuelle... Disons que je suis vraiment contente d'avoir passé 4 ans de fac à réfléchir sur les films et à acquérir une culture cinéma, car c'est une chose que cette année d'école de commerce ne m'a absolument pas apporté (durée du cours sur l'histoire du cinéma : 6h dans toute la formation...).
Et pour aborder le sujet qui fache, si ça vaut peut-être le coup de débourser des milliers d'euros pour certaines écoles / formations particulièrement reconnues sur le marché du travail, je trouve que clairement, la formation que j'ai suivie ne vaut pas son prix si on la paie seul (c'est-à-dire sans faire d'alternance, cas où l'entreprise pour laquelle on travaille à côté des cours paie la formation). Et encore, ce n'était qu'une seule année à payer...

Pendant cette année de MBA, j'ai enchaîné les stages, ce qui m'aura permis de découvrir ce que j'avais envie de faire, et, ce qui est aussi important, ce que je n'avais surtout pas envie de faire.
Vers la fin de l'année scolaire, j'ai repassé le concours de la Fémis (toujours en distribution), en pensant avoir rendu un dossier bien meilleur que la première fois, et finalement je n'ai pas passé la première étape du concours malgré une bonne note à l'épreuve d'analyse, car je n'avais apparemment pas bien cerné le sujet du mémoire. Forcément, ça a été une grosse déception d'échouer alors que je m'étais autant investie dans le concours.
Je me suis retrouvée un peu paumée pendant les vacances d'été, ayant énormément de mal à réaliser que j'étais censée avoir fini mes études et devoir commencer à chercher un travail... N'ayant pas un CV sufisamment solide pour chercher un boulot, je me suis résolue à faire une inscription bidon en fac, pour pouvoir faire LE dernier stage qui me permettrait ensuite de me lancer sur le marché du travail. J'ai fini le stage en question (dans une grosse boîte de cinéma) en juillet dernier, et il y a une 15aine de jours, j'ai signé mon premier contrat de travail (dans une autre société) !

Après 1 an et demi à enchaîner des expériences plus ou moins réussies, je peux donc savourer mes deux mois de vacances avant de commencer mon premier boulot à la rentrée !

Si je devais faire un bilan de mon parcours étudiant, je dirais que j'ai très peu de regrets. Avec le recul, je pense que j'aurais dû avoir plus de courage (ou resister un peu mieux à la pression parentale) et ne faire qu'une licence de cinéma au lieu d'une licence de lettres en plus : j'aurais alors pu commencer à acquérir de l'expérience beaucoup plus tôt en parallèle de mes études.
Si j'avais un seul conseil à donner à tous ceux qui ne se destinent pas à la fonction publique, c'est d'ailleurs de commencer le plus tôt possible à acquérir de l'expérience en stage / service civique / alternance : votre formation (en particulier si vous sortez de fac) passera largement après vos expériences au yeux de vos futurs recruteurs ! En clair, on s'en fout pas mal que vous ayez fait votre licence de cinéma / médiation culturelle / communication dans telle ou telle fac : le plus important, c'est ce que vous aurez fait en parallèle et que vous pourrez indiquer dans la partie "expériences" de votre CV !

Voilà, à l'heure qu'il est, je pense qu'on peut dire que tout est bien qui finit bien, même si quelque part, ce n'est que le début... :)

 

Published by Colombe - dans Post-hypo
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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 00:12

Plus de 4 ans après avoir fini mon année d'Hypokhâgne, il me semble que je peux enfin commencer à tenter de répondre à cette question : concrètement, une prépa, ça sert à quoi ? Une question que tout lycéen / hypokhâgneux se pose quand il ne veut pas devenir prof. Parce qu'il est évident que si vous voulez tenter un concours de l'enseignement, et en particulier l'Agrégation ou le CAPES, la question ne se pose même pas : la prépa est la formation idéale. Bien sûr, on peut aussi réussir en faisant toute sa scolarité à la fac (d'ailleurs, des majors de concours sortent régulièrement d'un parcours 100% fakheux !), mais la prépa facilite quand même bien les choses en posant des exigences et un niveau qui n'existe absolument pas pendant les premières années de fac.
Evidemment, quand on a choisi de faire une ou deux (ou trois...) années de prépa, qu'on a la tête dans le guidon, on ne se pose plus trop la question : on essaie de réussir au mieux et on se pose des questions quand on rejoint la fac. Mais quand on est au lycée, on peut légitimement se demander à quoi sert à la prépa. Clairement, la prépa s'adresse en priorité aux gens qui veulent devenir profs, et aux lycéens qui ne savent pas quoi faire après le bac mais possèdent un bon niveau général dans toutes les matières. Petits lycéens, si vous n'avez pas d'aversion pour telle ou telle matière, n'hésitez pas une seconde : allez en prépa !

Oui, mais pour quoi ? C'est ici que mes 4 ans de recul commencent à me servir. La prépa, ce n'est pas juste quelques années d'études intensives à dormir 5h par nuit pour tenter de finir premier à un classement. Scolairement, évidemment, ce sont des méthodes et une organisation qui vous servira pendant toute votre scolarité. Au niveau professionnel, quand on met de côté les concours de l'enseignement, l'intérêt de faire une prépa peut sembler assez réduit. Et pourtant, cet intérêt existe bel et bien.
La prépa est un véritable atout dans un CV. On me l'avait dit quand j'étais moi-même en HK, et je n'y croyais pas trop à l'époque. Après avoir passé un nombre plutôt conséquent d'entretiens pour des stages dans le cinéma (à première vue, pas grand-chose à voir avec une Hypokhâgne, donc !), j'ai pu constater à quel point c'était vrai.
D'abord, il y a les recruteurs qui sont eux-mêmes passés par une prépa, et qui sont donc contents de trouver un profil semblable au leur. Dans mon cas, on m'a posé des questions sur les mentions ("Mais c'est quoi exactement ? Ca n'existait pas à mon époque !"). C'est déjà un bon point.
Après, il y a l'effet "formation élitiste". Même ceux qui ne sont pas passés par une prépa savent qu'il s'agit d'une formation exigeante, qui demande beaucoup de rigueur et d'organisation. Et ça, ce sont des atouts qu'on peut très facilement faire valoir en entretien ! Par exemple, quand je postule à un annnonce qui mentionne qu'il faut être bien organisé, j'explique que j'ai dû apprendre à m'organiser en prépa (et en double licence, mais c'est une autre histoire...). Qu'une importante masse de travail ne me fait pas peur. Que je sais résister au stress.
Bien sûr, la prépa reste avant tout une expérience scolaire, mais il ne faut surtout pas hésiter à s'en servir pour mettre son profil en valeur, surtout quand on a très peu d'expérience professionnelle : avoir fait une prépa, c'est avoir des qualités qui peuvent intéresser un recruteur. Pour un premier stage, c'est vraiment quelque chose à ne pas négliger.

Tout ça pour dire aux petits lycéens timides qui se disent qu'une prépa ne leur servira à rien parce qu'ils ne veulent pas devenir profs : réfléchissez-y à deux fois... Je ne dis pas qu'avoir fait une Hypokhâgne vous permettra d'obtenir le job de vos rêves, mais c'est tout à fait possible de faire valoir  cette année scolaire dans un milieu professionnel totalement différent de l'enseignement !

Published by Colombe - dans Post-hypo
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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 21:00

 

 

Comme promis dans mon dernier article (remarquez comme je vous gâte ^^), je vous propose un « petit » point sur le Master, qui doit être synonyme d'avenir lointain et étranger pour les petits hypokhâgneux et lycéens qui passent de temps à autre sur ce blog.

 

Le système des E.C.T.S.

Vous le savez sûrement déjà : le système d'études supérieurs européens est celui du « L.M.D. », soit Licence (en 3 ans), puis Master (en 2 ans), puis Doctorat (fluctuant). Chaque année d'études validé correspond à 60 crédits E.C.T.S., mais rassurez-vous, vous aurez rarement à vous inquiéter du nombre de crédits que vous avez validés (on parle plutôt de moyennes et de cours validés).
Si vous avez bien suivi, vous avez donc compris que la Licence correspond à 180 E.C.T.S., tandis qu'un Master complet correspond à 120 E.C.T.S.. Là, je peux vous expliquer pourquoi j'ai bien cru que je ne validerais pas mon année : en Master, les E.C.T.S. commencent à être importants. A Paris 3, le M1 de Cinéma est à peu près divisé comme ça : vous validez 30 E.C.T.S. par les cours, et 30 E.C.T.S par le mémoire. Donc en gros, planter son mémoire, c'est planter son année...
Et à 5000 km de distance, je peux vous jurer qu'il faut une sacrée volonté pour travailler régulièrement sur son mémoire. Je me suis personnellement retrouvée à devoir boucler mon mémoire en urgence à mon retour en France, et j'ai bien cru que je n'allais pas y arriver. Voilà pourquoi mon année de M1 était loin d'être acquise. Mais revenons un peu aux fondamentaux.

Master Recherche VS Master Professionnel

En théorie, le Master peut être soit un Master Professionnel (simplifions par « MP »), soit un Master Recherche (« MR »). Vous l'aurez vite compris : un MR mène à la recherche, tandis qu'un MP est censé vous amener à la vie active. En théorie (et à la fac, il y a souvent un pas entre la théorie et la pratique...), la première année de Master est indifférenciée : vous pouvez donc faire indifféremment un M2 pro ou recherche après votre Master 1. Sauf que dans les faits, beaucoup de facs spécialisent leurs Masters dès la première année, ce qui est le cas en Cinéma à Paris 3.
Je comprends l'intérêt de faire suivre deux années « pros » aux élèves, mais ça complique clairement la tâche de ceux qui voudraient suivre un M2 pro après avoir suivi un M1 recherche, car les recruteurs du M2 pro vont avant tout s’intéresser à vos expériences professionnelles, qui peuvent être inexistantes quand on suit un M1 recherche (pas de stage obligatoire). Donc en résumé : première chose à considérer = M1 pro ou recherche si le Master qui vous intéresse n'est pas indifférencié en première année.

 

Le mémoire

Dans la théorie (oui, encore et toujours elle...), le M1 est lui-même indépendant du M2. Sauf que dans la pratique (je vous accorde un « grrr » d'énervement), il y a plein de facs où les deux années sont clairement conçues comme un « bloc ». A Paris 3 toujours, le mémoire se fait par exemple en deux ans, alors qu'il se fait en un an dans d'autres facs. Ce qui fait que, si comme moi, vous vous réorientez après votre M1, vous vous retrouvez avec un mémoire inachevé...
Donc, deuxième chose à prendre en compte : la question du mémoire. D'ailleurs, pour enchaîner sur le mémoire : si vous faites un M1 Recherche (je ne parlerai pas des MP, parce que je n'y connais pas grand-chose), le choix de votre fac / MR va être déterminé par votre sujet de mémoire. Niveau choix de sujet, c'est assez vaste. Le plus important (et le plus compliqué, dans certains cas), c'est de trouver un directeur de recherche qui va accepter de superviser le mémoire sur le sujet que vous aurez choisi.
Si vous voulez être tranquille, le mieux est d'obtenir l'accord d'un directeur de recherche bien en amont de la demande d'admission en Master. Bien sûr, c'est plus facile si vous effectuez votre Licence et votre Master dans la même université. Le mieux, c'est de repérer vers avril (en général, les dossiers sont envoyés en mai ou juin) les directeurs de recherche et leur domaine d'études sur le site de votre future fac. Un directeur préfèrera toujours suivre un étudiant dont le sujet de mémoire se rapporte à son propre domaine de recherche. Il y a des directeurs très demandés et qui ne prennent que quelques élèves, c'est pour ça qu'il vaut mieux s'y prendre à l'avance : dans mon cas, ma directrice de recherche n'a pris que 3 élèves, donc je suis passée tout près de ne pas pouvoir faire mon mémoire sous sa direction !
Votre directeur de recherche, vous allez le voir plus ou moins souvent selon ses méthodes : certains directeurs vous laissent totalement à l'abandon (ce qui peut être gênant quand les cours de méthode ne résolvent pas tous les problèmes qu'on peut avoir) et d'autres vont vous demander de leur rendre des parties de votre mémoire toutes les semaines. Voilà pourquoi il vaut mieux choisir son directeur avec soin... Si vous ne connaissez pas la personnalité de votre directeur, le mieux est d'essayer de s'assurer que ce n'est pas le genre à vous envoyer balader si vous lui poser une question par mail : il faut qu'il soit un minimum impliqué.
Pour ce qui est du mémoire en soi, les règles changent tellement d'une fac sur l'autre (tant sur le contenu que sur la forme) que je ne peux pas vraiment m'y attarder. Dans mon cas, le plus difficile a vraiment été de travailler de façon régulière alors que j'étais à 5000 km de ma directrice de recherche et que je n'ai pu suivre aucun cours de méthode...

 

Soutenir son mémoire / Valider son année

Une fois que votre mémoire est rédigé, le plus gros du travail est fait, mais il reste encore une étape importante : la soutenance. A Paris 3, on affecte à la soutenance un coefficient beaucoup plus faible qu'au mémoire rédigé lui-même, donc ce n'est pas catastrophique de se planter à sa soutenance, même si c'est bien de finir l'année sur une réussite. Dans mon cas, la soutenance a consisté en 10 mn où j'ai reformulé les problématiques de mon mémoire, et 10 mn où la lectrice et ma directrice de recherche m'ont posé des questions.
J'angoissais beaucoup à propos de cette soutenance (eh oui, le temps des khôlles est loin !), qui s'est finalement extrêmement bien passée. La lectrice était très bienveillante, et les attentes bien moins hautes que ce à quoi je m'attendais. Là, vous vous demandez peut-être pourquoi j'angoissais autant à propos d'un mémoire pourri (soyons honnêtes : j'ai bien plus travaillé dessus dans l'urgence pendant 3 semaines que de façon régulière pendant mon année à Montréal...) : c'est qu'il ne suffit pas d'avoir 10/20 à son année de M1... *musique dramatique*
Oui parce que voilà : les choses se compliquent encore. Officiellement, un 10/20 vous donne votre année. Sauf que 99% des Master un peu sélectifs ne prennent que les gens ayant obtenu la mention Bien minimum, donc 14/20 à leur M1. Du coup j'avais une grosse pression, car si j'avais comme moyenne entre 10 et 13, c'était foutu pour la plupart des formations qui m'intéressaient... Ma directrice ne voulait me laisser soutenir que si je pouvais potentiellement avoir la mention Bien, c'est pour ça que j'ai eu très peur de ne pas valider mon année en voyant l'état de mon mémoire 3 semaines avant de le rendre...

En conclusion : réfléchissez bien avant de choisir votre Master. Essayez de parler à des anciens élèves si vous pouvez être en contact avec eux. Intéressez-vous à la possibilité de faire des stages, demandez s'il y a un moyen de savoir ce que deviennent les élèves passés par cette formation. Les Masters sont beaucoup moins fermés qu'on pourrait le croire : vous pouvez très bien faire un Master de Cinéma sans avoir fait de Licence de Cinéma avant.
Et le plus important : je pense que le Master est le moment idéal pour se réorienter. Vous avez fait une Licence de philo / lettres / histoire ? Rien ne vous empêche de vous réorienter dans la communication, le management culturel, etc. Le Master est bien plus déterminant que la Licence pour ce qui de l'avenir professionnel.

23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 17:44

http://mode.glamourparis.com/wp-content/uploads/2011/12/classement-ecole-de-commerce.jpg

 

 

Bon, ok, je vous l'accorde : je n'ai pas été très sérieuse... Je voulais vraiment écrire un article beaucoup plus tôt sur les échanges à l'université, et comme d'habitude, j'ai retardé le moment d'écrire cet article jusqu'à déserter une fois de plus mon blog pendant de longs mois. Bon, en même temps, comme je ne suis plus vraiment en prépa et que la vocation première de ce blog était de relater mon expérience en Hypokhâgne, vous me pardonnerez peut-être ?

Oui, je sais, ce blog n'est pas un journal intime. Mais je vais quand même vous donner quelques-unes de mes nouvelles, histoire d'offrir un peu de continuité à ce blog en perdition.

J'ai fini mon année de Master 1 à Montréal, qui restera une des années les plus marquantes de ma vie (je vous promets, je vais développer un peu dans un prochain article qui arrivera avant 6 mois !). Je ne regrette vraiment pas cette année à l'étranger, que je conseille vivement à tous ceux qui ont la possibilité de partir pour un an ou plus.

J'ai validé mon Master 1 contre toute attente, ou en tout cas, contre toutes MES attentes : non, je ne vous ferai pas le coup de la fausse modeste (j'ai obtenu mes Licences de Lettres Modernes et de Cinéma avec des mentions Bien, ce dont je me satisfais amplement !), mais j'ai vraiment cru que ce coup-ci, j'allais avoir du mal à tout boucler. Pour vous expliquer pourquoi, j'expliciterai dans mon prochain article la question du Master, qui reste une étape incontournable dans un cursus scolaire littéraire.

Au niveau de mon orientation scolaire, on peut dire que j'ai un peu modifié la trajectoire... Pour résumer ma situation, j'ai donc fait, par ordre chronologique :
- une année d'Hypokhâgne option allemand
- deux années de licences de Lettres Modernes et de Cinéma
- une année de Master 1 de Cinéma

A mon retour du Canada, je me suis retrouvée avec cette grande angoisse existentielle qui touche à peu près tous les étudiants de l'université à un moment ou à un autre de leurs études : « Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie ?!? » *insérer petite musique dramatique* Parce que quand on vient de finir un Master de Cinéma, je vous jure qu'on est tout sauf certain de ce qu'on va faire plus tard... D'abord parce que le milieu du cinéma est plus que bouché, et qu'il n'existe pas d'agreg ni de CAPES pour être prof. Ensuite parce qu'à la fac (en tout cas à Paris 3), on ne vous oriente à peu près JAMAIS. C'est à peine si on vous conseille en 3ème année de faire un stage... D'ailleurs, si je devais vous donner un seul conseil : faites des stages ! C'est la seule porte par laquelle vous entrerez un jour dans la vie professionnelle si vous envisagez autre chose que la fonction publique.
Je me suis donc retrouvée, pendant et après mon année de Master, à me demander quel boulot j'allais bien pouvoir exercer après la fac. Bien sûr, il y a toujours les boulots de rêve qu'on garde dans un coin de sa tête (scénariste, Dieu, gardien de chèvres au Tibet...), mais il y a aussi le boulot auquel on doit réfléchir parce que c'est lui qui va nous permettre de manger chaque mois. Et le problème, c'est que ce boulot (dans le cinéma : réalisateur, producteur, monteur, etc.) est très rarement préparé par une formation en fac. Donc on finit par se retrouver à avoir suivi une formation qui ne mène concrètement à rien après 4 ans d'études.
Je ne remets pas en question la qualité de la formation que j'ai reçue à Paris 3 : j'y ai eu de bons professeurs, et suivi des enseignements théoriques solides. Mais question enseignements pratiques qui seraient utiles à un travail dans le milieu (je ne parle pas d'apprendre à tourner un film, mais d'avoir de vrais cours d'économie, de droit, etc.) : le néant. Évidemment, il y a des gens qui trouvent du travail après un Master de Cinéma, mais au bout de combien de temps ? Par quel moyen ? Et quel travail exactement ? Évidemment, personne à la fac n'ira répondre à ces questions... J'imagine que ne pas suivre les anciens élèves, c'est une bonne façon de se cacher les yeux face à la réalité de l'emploi après la fac...

C'est parce que je me suis posée toutes ces questions, et que j'ai subi cette angoisse existentielle (les études, c'est bien, mais qu'à 22 ans passés, on commence forcément à réfléchir au jour où on va devoir entrer dans la vie active...), que j'ai décidé de me tourner vers une école. Je n'ai pas totalement renié ma formation, puisque je vais suivre un MBA (qui est en fait un Master 2 avec un nom qui fait plus classe, pour simplifier) en Production Audiovisuelle... dans une école de commerce.
Attendez un peu avant de me lapider ! Non parce qu'en vrai, le principe de l'école de commerce m'a toujours débecté. Quoi, payer 7000€ une année (à multiplier par 4 ou 5 selon le nombre d'années d'études...) pour avoir un travail ?! Se retrouver avec pour camarades de classe des gens intéressés uniquement par l'argent et sans aucune vocation ?!
J'ai beaucoup réfléchi aux différentes possibilités avant de me lancer dans cette réorientation, et j'ai revu ma position sur les écoles de commerce. Je ne dis pas que j'aurai un CDI payé 5000€ par mois dans 1 an (faut pas déconner, je chercherai quand même un boulot dans le ciné !), mais je sais que la formation que je vais suivre est une formation 100% pratique, avec des profs qui sont essentiellement des professionnels du secteurs. Et c'est ce qui m'a vraiment manqué durant mes 4 années d'études précédentes.

Je n'ai pas encore fini mes études supérieures, mais je peux dores et déjà dire que je suis plutôt contente de mon parcours. Parce qu'il est diversifié, et parce que ma scolarité n'aura pas coûté 35 000€ à mes parents. Je trouve que suivre une année de cours pratiques est une façon parfaite d'achever un parcours entièrement théorique.

Quand j'étais en primaire, je ne voulais pas passer mon bac. Quand j'ai commencé mes études supérieures, je voulais travailler le plus tard possible. Aujourd'hui, je suis contente d'achever mes études, et de me dire que je vais bientôt tourner une page de ma vie. Sans regrets, et les pensées tournées vers les nouvelles aventures qui m'attendent.
(D'ici 6 à 8 mois, un article sur les joies du chômage ! :D)

 

4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 20:53

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Plus d'une demie-année est passée depuis mon dernier article, je reviens donc vous donner quelques nouvelles.

Comme je m'y attendais, je n'ai pas réussi le concours de la Fémis. J'ai fini la première étape avec un moyenne pas trop minable (11) ni trop loin du dernier admissible à l'oral (12), mais je n'ai brillé ni dans mon dossier ni dans mon analyse sur table, donc pas de surprise. Je pense retenter le concours l'année prochaine, histoire de. Et puis parce que la distribution reste toujours le milieu dans lequel j'ai vraiment envie de travailler plus tard.

Sinon, comme mon dernier article le laissait présager, je suis... à Montréal. Je fais mon année de M1 de Cinéma ici, en échange, donc.
Pour ceux qui ne connaissent pas du tout le système de la fac française et/ou le principe des échanges, un étudiant en échange se distingue d'un étudiant "international" sur plusieurs points :
- l'étudiant en échange ne paie que les frais d'administration de sa fac française, l'étudiant international paie les frais de sa fac étrangère
- l'étudiant en échange n'aura que le diplôme de sa fac française, l'étudiant international aura le diplôme de sa fac étrangère
- l'étudiant en échange reste 6 mois (un semestre) ou 1 an (deux semestres) dans sa fac étrangère, l'étudiant international reste en général le temps de l'obtention d'un diplôme, donc 2 ans (un master) / 3 ans (une licence) ou plus s'il effectue toutes ses études supérieures à l'étranger
Pour résumer, l'étudiant en échange part dans le cadre d'accords signés entre sa fac française et des facs étrangères alors que l'étudiant international effectue toutes les démarches de lui-même, sans passer par un établissement français.

http://users.encs.concordia.ca/~shah/concordialogo.gif

J'ai finalement obtenu la fac que je voulais : Concordia University, une fac anglophone au coeur de Montréal. Je me disais que c'était un bon compromis entre partir dans un milieu 100% anglophone et galérer ou partir dans un milieu francophone et ne faire aucun progrès en aglais. Honnêtement, si c'était à refaire, je pense que je sauterais le pas et que je choisirais plutôt une université dans le Canada anglophone. Parce que là, même si j'entends de l'anglais 2 fois par semaine (bienvenue dans le monde du Master et des équivalences de crédits...), je suis loin de faire un dixième des progrès que j'aurais faits si j'étais partie dans un milieu complètement anglophone...
La ville de Montréal est vraiment très agréable à vivre, mais on y entend du français à peu près toute la journée, ce qui ne favorise pas franchement les progrès en anglais, et limite un peu le dépaysement, mine de rien. (Ca et le fait de croiser un Français tous les 10 mètres, peut-être...)
Je ne regrette pas car j'aime la ville, j'aime ma fac, qu'il y a mille choses à faire ici et ailleurs (porte ouverte sur les Etats-Unis !), et que c'est quand même une expérience qu'il faut faire au moins une fois dans sa vie, mais c'est clair que je serai loin d'être bilingue en revenant.

Voilà, juste un court article pour vous dire où j'en suis, et aussi que si vous avez des questions concernant les échanges hors Erasmus, et en particulier au Canada, je peux essayer d'y répondre dans la mesure de mes  connaissances ! En revanche, ce n'est vraiment pas la peine de m'envoyer des commentaires avec toutes vos notes depuis la grande section de maternelle : je suis totalement sortie du monde de la prépa et ne peux vraiment plus vous donner de conseils là-dessus. Excepté : "Allez tous à Victor Hugo, c'est génial !", bien sûr. :)

24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 01:54

http://www.tv5.org/TV5Site/upload_image/webtv/v_serie/34_vignette_femis.jpg 

 

Quelque part, cette année (cette année de L3, et l'année de mes 20 ans, aussi) aura un peu été l'année des premières fois. Premier échec à un examen (merci le permis !), première vraie décision de bouger un peu ma petite vie de parisienne tranquille en allant vivre un an à l'étranger, et d'autres premières fois plus ou moins (in)attendues. Toutes réussies, si on excepte le permis. Mais il y a eu une autre première fois cette année, pas vraiment sentimentale : mon premier concours. Forcément, tout ça doit paraître un peu niais aux khâgneux et autres khûbes qui font maintenant office de routards des concours, mais pour moi, c'était tout nouveau.

Cette année, j'ai donc passé le premier concours national de ma vie : celui de la Fémis. Pour expliquer à ceux qui ne connaîtraient pas cette école, ou seulement de nom, une idée de ce qu'est la Fémis, c'est un peu l'ENS du Cinéma, avec Louis Lumière, une autre école parisienne. Tout étudiant en cinéma (à quelques exceptions près...) rêve, secrètement ou pas, d'intégrer la Fémis. C'est un peu « la voie royale » du cinéma, pour reprendre une expression totalement bateau souvent appliquée à la prépa. La Fémis (mandieu, tous ceux qui vont taper le nom de l'école dans Google vont atterrir sur mon blog, ç't'horrible !), même ceux qui la critiquent se laissent parfois tenter par son concours. Sortir de la Fémis, ce n'est pas forcément faire de bons films (encore que Tomboy... <3), mais c'est surtout être dans une école qui a un p*tain de prestige. (Prépa / Fémis, que tout ceci semble lié...)

Pour vous donner un rapide aperçu de la formation (initiale) offerte par l'école, il y a deux filières :
- la filière générale : elle recrute à Bac + 2 et concerne en gros les métiers plus ou moins artistiques du domaine du cinéma (réalisation, scénario, montage, scripte, image, son, production...). Elle s'effectue en 3 ans.
- la filière distribution-exploitation : elle recrute à Bac + 3 et est beaucoup plus professionnalisante et plus courte (dans les 1 an ½) que la filière générale. C'est assez explicite : elle forme aux métiers d'exploitant et de distributeur.
Clairement, la filière générale est beaucoup plus connue que la filière distribution-exploitation. Et donc, beaucoup plus demandée. Pour vous donner une idée, en 2010, sur 445 candidats en réalisation (la section la plus demandée avant scénario), 4 sont finalement entrés à la Fémis. Ca refroidit, hein ?

La Fémis, c'était, un peu comme la prépa, mon rêve de collégienne. Chaque année depuis la 4ème ou la 3ème, j'espérais arriver rapidement à Bac + 2 pour pouvoir tenter le concours dans la section scénario (169 inscrits, 6 admis...). Et puis finalement, je suis arrivée au niveau Bac + 2, et je n'ai pas passé le concours, pour plusieurs raisons. Et cette année, je l'ai passé en distribution-exploitation, encore pour d'autres raisons. Sans espérer intégrer l'école cette année, mais pour me frotter un peu à la réalité du concours, et voir ce que je 'vaux' pour eux.
Je me suis donc retrouvée, cette année, à guetter l'ouverture des inscriptions au concours. J'ai envoyé le formulaire et le chèque d'inscription, et bam, je me suis retrouvée sur la liste des inscrits au concours. Je m'étais dit qu'une fois que j'aurais payé et que j'aurais vu mon nom sur la liste officielle, je ne renoncerai pas lâchement. Et je n'ai pas renoncé.

Me voilà donc le 8 avril à l'université de Nanterre pour passer l'épreuve écrite d'analyse de séquence, boule au ventre et trouillomètre à zéro. Par chance, je tombe sur deux camarades de L3 de Ciné en arrivant sur le quai de Nanterre. Du coup je n'ai pas à pleurer toutes les larmes de mon corps parce que Nanterre est bien trop grande et que j'ai un sens de l'orientation pourri. On entre dans le bâtiment où se déroule l'épreuve et on se dirige vers la queue (il doit être 8h15, l'épreuve est censée commencer à 9h). On longe la queue, qui s'avère absolument interminable : elle fait plus de 3 bâtiments ! Je ne sais pas si c'est rassurant ou inquiétant, mais dans la file, on croise plein de têtes connues : de la promo de L3, on doit bien être une vingtaine au minimum.
30mn plus tard, on arrive aux portes de l'amphi, on émarge, et on entre. Avez-vous déjà entendu parler d'un amphi pouvant contenir 1 000 personnes ? Maintenant, oui. C'est plus impressionnant qu'une épreuve officielle de partiel, plus impressionnant qu'une épreuve de bac. Une foule immense, déjà assise, prête à composer. On s'assoie dans une rangée, vers la droite, et on attend patiemment que l'amphi finisse de se remplir.
Quand tout le monde (ou tous ceux qui ont fait le déplacement, vu que près de 400 élèves de la filière générale paient les frais d'inscription mais ne se pointent pas à l'épreuve d'analyse...) est arrivé, un homme prend la parole. Je ne sais plus si c'est le directeur de la Fémis, ou quelqu'un d'autre. L'amphi est tellement grand qu'on le voit de loin, comme iréel. Il est sympathique, rassurant. Pas de pression. Il nous souhaite bonne chance, nous fait rire en menaçant ceux qui tenteront de déborder du temps réglementaire de faire des effets stroboscopiques avec la lumière pour les forcer à rendre leurs copies. L'homme annonce le film dont la séquence à analyser est extraite :
Tournée de Mathieu Amalric. Quelques « oufs ! », d'autres réactions moins contentes. Moi je suis heureuse : Tournée, au moins, je l'ai vu. Et j'ai aimé. Et ce n'est pas un film obscur d'avant-garde tchèque sous-titré en hongrois.
Noir. Noir total : mes voisins ont eu la bonne idée d'amener une lampe de poche pour pouvoir prendre des notes pendant la projection. Moi je prends des notes à l'aveugle, sans certitude de pouvoir me relire. J'ai plein de choses à dire, plein d'idées. Fin de la séquence. 10 mn de pause, puis nouvelle projection de l'extrait. Nouvelles notes, nouvelles choses à dire. Au final, j'atteins presque le maximum de pages autorisés (une copie double et demie) et je sors, 30 mn avant la fin. En écrivant, j'étais très contente de mes idées. En me relisant, je trouve ça naze. Je rends ma copie, j'émarge de nouveau, je remarque au passage que 2 personnes de ma section ne sont pas venues. Tant mieux.
Je ressors, épuisée, vidée. Pas envie de parler. D'ailleurs je rentre toute seule, à la fac, enchaîner sur les cours de la journée auxquels je peux (et je dois) encore assister.

C'était mon premier concours.

Published by Colombe - dans Post-hypo
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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 01:08

Je sais que je n'ai pas tenu ce blog très sérieusement depuis que je suis sortie de prépa (et même à l'époque...), mais vu que les statistiques indiquent que quelques pèlerins passent encore par là de temps en temps, je me suis dit qu'il pourrait être sympa de vous donner quelques nouvelles.

Pour répondre directement au post précédent, j'ai plus ou moins avancé dans mes « gros projets » de l'année :
- j'ai raté mon permis (un mois et demi après, j'arrive à en rire, donc tout va bien :D)
- j'ai eu le TOEFL avec un score de 110/120, autant dire que j'ai été très agréablement surprise du résultat et que ça me réconforte un peu d'avoir lâché autant de sous pour un examen valable à peine 2 ans
- j'ai un projet de mémoire (encore flou) et l'accord d'une directrice de recherche pour mon M1 de Cinéma
- j'ai constitué mes dossiers de demandes d'échanges et j'ai été présélectionnée (par Paris 3) pour mon vœu n°1, une fac anglophone à Montréal
- j'ai passé le concours de la Fémis et laissé tomber l'autre (tourné autour de l'écriture scénaristique) que je projetais de passer, principalement par manque d'inspiration vis-à-vis du sujet
- je ne suis plus en recherche de stage, vu que ma faculté adorée a décidé d'interdire les stages non intégrés (donc non obligatoires dans un cursus). C'est clair que la fac était déjà trop professionnalisante !

En faisant un bilan rapide par rapport à ces objectifs, je trouve que tout ça est plutôt positif, finalement (bon, on va éviter d'évoquer le permis...). Je suis vraiment déçue de finir ma licence sans avoir fait un stage, cela restera mon principal regret. Mais sinon, j'ai réussi à me bouger en temps et en heure pour faire les démarches nécessaires pour partir un an en échange, et ça, ce n'était pas gagné vu comme je ne suis pas débrouillarde.

Pour vous donner des nouvelles plus générales que les quelques points ci-dessus : je suis toujours en double parcours Lettres Modernes / Cinéma. Je n'ai pas laissé tomber les Lettres, du moins pas officiellement. Si je dis « pas officiellement », c'est que quelque part, j'ai plus ou moins lâché l'affaire dès que j'ai obtenu mon inscription en examen final : pour être honnête, j'ai assisté à très peu de cours auxquels ma présence n'était pas obligatoire, même les plus importants (comme la littérature, avec son joli coefficient 5, pour ne pas la nommer). J'ai fait mon fantôme, apparaissant de temps en temps à un cours de linguistique ou de culture antique, n'échangeant jamais plus de deux phrases avec mes voisin(e)s de tables, me pointant aux examens sans grande conviction. Mais je voulais (et je veux toujours) obtenir ma licence de Lettres. C'est juste que j'ai décidé de faire passer le Cinéma en premier plan, et que valider ma licence de Lettres avec 16 ou 10 de moyenne m'est maintenant égal.
D'ailleurs, la moyenne : parlons-en. Je développerai sans doute dans un prochain post (avant 6 mois, promis!) la question de l'examen final, mais clairement, c'est un régime d'évaluation beaucoup plus « risqué » pour l'étudiant que le contrôle continu. Pas d'assiduité obligatoire, donc pour peu qu'on ait, comme moi, une absence totale de motivation pour les cours, on finit par ne plus y aller du tout. Ou sporadiquement. Et on se réveille à 3 jours des partiels en s'apercevant qu'on a des notes inutilisables et qu'on n'a toujours pas fini de lire les bouquins au programme. Et surtout, on n'est évalué que sur une note, alors que les élèves en contrôle continu ont au moins une note en plus qui leur permet de contre-balancer un 'plantage' au partiel. Parce que, soyons honnêtes, la plupart des profs qui organisent des exposés en guise de contrôle continu le font parce qu'ils savent très bien que c'est une sécurité pour les élèves, vu que ces exposés sont presque toujours surnotés. Et largement. Pour vous donner une idée, j'étais présente lorsque ma prof de culture antique a énoncé à haute voix les notes d'exposés du semestre : en gros, tout le monde a eu 14 ou 15. Tout le monde sans exception ! Ah non, pardon, j'oubliais la fille qui a eu 16. Pour avoir assisté à quelques exposés, je peux vous dire qu'oser mettre 14 minimum à tout le monde est franchement gonflé : quand un « exposé » devient une lecture, nez collé à sa feuille, d'arguments clairement repiqués dans LE pauvre bouquin de la biblio vers lequel tout le monde s'est rué quand la prof l'a cité, non, franchement, ça ne vaut pas 14.
Tout ça pour en venir au fait que l'année dernière, en contrôle continu, j'avais un peu plus de 15,5 de moyenne sur mes deux semestre de Lettres Modernes. Cette année, j'ai eu 12,5 à mon premier semestre. Et ce n'est pas parce que le niveau a soudain augmenté, même si certains professeurs deviennent (heureusement !) un peu plus exigeants en L3. Je n'ai certes pas été très assidue en cours, mais je n'ai surtout pas bénéficié des notes 'données' du contrôle continu. Je ne dis pas ça par aigreur (ma moyenne de 12,5, qui est d'ailleurs loin d'être honteuse comparée à celle de certains camarades en contrôle continu, est tout à fait méritée), mais pour prévenir les futurs étudiants qui verraient dans ce mode d'évaluation une solution miracle à la question des doubles cursus. L'examen final, c'est un peu le principe de la faculté poussé à l'extrême : aucun encadrement, une seule note en tout et pour tout par matière, donc pas de droit à l'erreur.

En Cinéma, mes notes sont restées correctes, mais l'enthousiasme de ma L2 n'était plus vraiment là, principalement en raison des conditions calamiteuses dans lesquelles les effectifs de L3 nous ont plongés (les classes surbookées, principalement). J'ai été intéressée par au mieux deux cours par semestre. L'intérêt de cette année aura vraiment été, en fait, de me préparer à la suite : j'ai commencé à penser un peu à la direction que j'allais prendre à terme (parce que bon, les études, c'est sympa, mais quand on se retrouve sans boulot après un doctorat, ça doit l'être beaucoup moins...), aux sujets d'étude qui m'intéressaient. Je sais que je veux travailler dans le cinéma plus tard, aucun doute là-dessus.

Voilà, en gros, mes nouvelles : gros désintérêt pour les Lettres (ce que je regrette, parce que je suis sûre que paradoxalement, je m'épanouirais probablement en Master de Lettres, mais il est juste hors de condition de continuer ce cumul de cursus), relative fatigue vis-à-vis des cours de cinéma. Là tout de suite, ce qui me motive, c'est ce qui m'attend dans les semaines qui viennent (la suite (ou pas...) des épreuves de la Fémis) ou dans les mois qui viennent (Montréal). Cette semaine, il me reste 4 partiels de Lettres à tenter de rater le moins possible, puis je suis en vacances. Jusqu'aux rattrapages, ou jusqu'à l'année prochaine...

18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 00:07

Une bonne nouvelle tombée la semaine dernière : ma demande d'inscription en examen final dans plusieurs cours de lettres a été... acceptée ! Je suis donc dispensée d'assiduité et de devoirs à rendre pour 4 matières de lettres, et ça, ça allège carrément mon emploi du temps ! Ca m'évite aussi de passer mes 15 partiels la même semaine, même s'il faudra tout de même en gérer 10 ou 11, ce qui risque d'être quand même un peu laborieux...
Mais je suis vraiment contente, ça me redonne un petit espoir de passer une année qui ne soit pas faite que de contraintes. Après, que je valide ma licence de lettres avec 15 de moyenne ou avec 10, je vous avoue que ça m'est complètement égal. Je suis juste heureuse de ne pas avoir à faire un choix que j'aurais peut-être regretté par la suite.
Cette décision me pousse aussi à commencer enfin à bosser. Parce que les cours ont beau avoir repris depuis 3 semaines, j'ai jusque là été incapable de me mettre à bosser, totalement paralysée à l'idée de me noyer à cause de cette fichue double licence.
Maintenant, je n'ai plus de raisons de ne pas m'y mettre.

Je peux même me tourner plus sérieusement vers mes gros projets de l'année :
- rater passer mon permis de conduire
- passer le TOEFL et obtenir un score pas trop minable
- trouver un projet de mémoire et un directeur de recherche pour mon master de Ciné
- constituer mes dossiers de demandes d'échanges pour l'étranger (CANADA CANADA CANADA)
- préparer les concours de deux écoles de cinéma
- trouver un stage pour l'été prochain

Je pourrais aussi faire une liste "à faire quand j'aurai moins de 30h de cours par semaine", mais j'ai déjà pas mal de pain sur la planche, là.
Et sinon, dans une semaine, je suis en vancances. Ah ah. :D

11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 00:53

 

D'ailleurs, la double licence, parlons-en. Plus j'y réfléchis, et plus je me dis que c'est une connerie monumentale : administrativement, on vous met le plus possible de bâtons dans les roues, et au final, j'ai comme l'impression que ça ne sert à RIEN.
Pour ce qui est des embûches administratives en tous genres : alors qu'un grand nombre d'élèves de L3 suivent 2 cursus en parallèle, ex-KH obligent, cette particularité n'est aucunement prise en compte lors des inscriptions, où les bi-parcours (approximativement 22h / cours par semaine, c'est vrai que c'est lourd comme emploi du temps.....) sont prioritaires sur nous, et où l'on nous refuse souvent une place dans des tds complets, alors qu'il est possible d'ouvrir les quotas pour supprimer une place dans un cours le lendemain. Chaque ufr a sa politique en matière de reconnaissance des cours suivis dans un autre ufr, et on n'est jamais sûr que tel cours sera bien validé dans nos deux ufrs.
Pour ce qui est de l'utilité d'un double parcours, plus j'y pense, et plus que je me dis que ça ne sert à rien, à quelques exceptions près, comme les double parcours qui apporteraient vraiment des connaissances distinctes et approfondies pouvant être utilisées par la suite (genre anglais / cinéma, qui serait un avantage pour postuler auprès d'une entreprise de cinéma qui voudrait une bonne maîtrise de l'anglais). Parce que là, j'aimerais bien savoir ce que je vais faire de plus, avec une licence de Lettres sur mon CV, que des élèves ayant seulement fait une licence de Cinéma. Je pourrai dire que je sais faire une dissertation ? Que j'ai des bases en linguistique ? Que je connais Tacite et la vie d'Auguste ? Avant de vous lancer dans une double licence, réfléchissez-y à deux fois, et préférez de loin les parcours aménagés quand ils existent (avec le recul, je me dis que je n'aurais pas perdu grand-chose à faire plutôt une licence de Cinéma parcours Lettres, et que ce parcours aurait en plus été réellement aménagé...). Sauf si vous savez vraiment que vous aurez un profil intéressant en ayant deux licences. Ce qui n'est vraiment pas mon cas.

Je dois dire que la licence de Lettres Modernes en elle-même n'est pas étrangère à tout ça, bien au contraire. Je n'ai repris les cours que depuis deux semaines, mais je me demande déjà chaque jour pourquoi je continue cette foutue licence, dont les cours m'ennuyent de plus en plus. Surtout que je sais que je continuerai pas en Master de Lettres plus tard.
Je crois que je continue en grande partie par pression familiale, parce que ma mère est persuadée qu'avec une licence de Cinéma, on ne fait rien. Elle a raison, en un sens. Sauf qu'avec une licence de Lettres, on ne fait rien non plus. Excepté prof, et ce n'est pas le genre de métier que j'ai envie de faire par défaut. Je continue aussi parce que je n'ai pas envie que ce soit la première chose que j'abandonnerais vraiment dans mon parcours scolaire, alors qu'au niveau des résultats, je n'ai pas (encore) de raison objective d'abandonner. Mais je vais en cours uniquement parce que les profs font l'appel, et j'ai fait une demande d'inscription en examen final (pas d'obligation d'assiduité, pas de devoirs à rendre) dans le plus de cours possible. Si ma demande est rejetée, je pense que j'envisagerai l'abandon avec beaucoup plus de sérieux.
Je suis déprimée d'avoir deux fois plus de cours qu'un élève normal, d'enchaîner parfois 5h de cours sans pause (il n'y a pas d'intercours à la fac), de devoir déjeuner entre 10h et 10h30 à cause de cette licence qui ne m'apporte plus aucun plaisir.
J'ai l'impression de me noyer. Déjà. Peut-être parce que rendre 15 dossiers au cours d'un semestre, ça me paraît irréalisable. Peut-être parce que passer 15 partiels dans une même semaine, c'est purement et simplement du suicide. Je ne sais pas si tout a à ce point changé depuis l'année dernière, où j'ai validé mes L2 avec des moyennes relativement bonnes. Peut-être que je pourrais avoir les mêmes résultats cette année.
Mais à cause de cette fichue double licence, je ne peux pas bosser à côté des cours, je ne peux pas faire de stage, je ne peux pas me consacrer correctement aux projets que j'ai à côté des cours (passer mon permis de conduire et préparer des concours d'écoles cinéma, entre autres), je recommence à dormir 5h par nuit, à m'écrouler quand je rentre chez moi et à avoir l'impression de ne plus gérer ma vie en dehors des cours.

Je suis désolée de ce pavé illisible, mais il est aussi – surtout ? – pour moi, parce que j'ai besoin de me poser deux minutes avant d'entamer cette troisième semaine de cours, qui me paraît plutôt être la vingtième. Je ne veux pas céder à la facilité en abandonnant les lettres d'un claquement de doigts. Je ne veux pas non plus vraiment continuer, mais peut-être que je regretterai si j'arrête maintenant et que je me retrouve à avoir 15h de cours par semaine seulement.
La seule façon que j'ai trouvée pour ne pas perdre pieds, c'est de me tourner autant que possible vers l'avenir. De me dire que c'est ma dernière année comme ça, à 30h de cours par semaine, avec de la linguistique, des cours à 60 élèves par classe. Je me renseigne sur les écoles de cinéma. Sur les Masters 2 qui mèneraient aux boulots qui m'intéressent (même si, avant ça, il faut passer par un Master 1, et rien que de penser à de nouvelles inscriptions pédagogiques...). Sur les possibilités de fuir loin pour cette année de M1, fuir où on parle anglais, ou français avec un accent bizarre. Dans une ville avec des initiales cool, comme N.Y. ou L.A.. Ou dans une ville sans initiales, comme Montréal.

Sur ce, je vais arrêter là cet article déjà bien trop long, le mettre sur mon blog, et me demander toute la nuit si ça valait bien le coup de vous le faire partager...

11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 00:42

 

Cet article-là, ça fait déjà deux semaines que je me dis que je devrais l'écrire un soir en rentrant de la fac, comme ça, sur le vif, histoire de publier au moins un article qui soit une réaction à chaud, et pas un pavé de 3 pages word sur les pour et les contre de tel ou tel choix d'orientation... Evidemment, ça fait deux semaines que je cogite sur cet article, donc il n'a absolument plus rien d'un article sur le vif. Mais il faut quand même que je l'écrive – et que je le publie, histoire de pouvoir revenir dessus d'ici quelques semaines si mon état d'esprit a changé et de prouver que même si je n'actualise que très peu mon blog, il se passe des choses de mon côté.

Alors voilà : ça fait deux semaines que les cours ont recommencé.
Les inscriptions pédagogiques (= moment où l'on choisit ses cours) mériteraient à elles seules un article entier, mais je n'ai pas le courage de revivre, même par l'écriture, ce moment plus qu'éprouvant.
Pour en parler quand même un peu, je dirais juste que :
- j'ai mis 8h à m'inscrire en lettres (en étant 3ème sur liste d'attente, arrivée à 7h devant une fac aux portes encore fermées)
- je me suis fait insulter par des c*nnasses qui ne comprenaient pas pourquoi on pouvait être énervés de s'entendre dire les ¾ de nos tds étaient complets alors qu'on était les premiers sur place
- j'ai vu deux personnes éclater en larmes devant une des c*nnasses citées plus haut
- j'ai dû modifier trois fois mon emploi du temps de lettres pour des raisons absolument absurdes (« Bon, n'oubliez pas de prendre vos UE libre en lettres. - Mais le principe des UE libres, c'est pas justement qu'on peut pas les prendre dans n'importe quel ufr ?! - Si vous voulez votre licence de lettres, vous les prenez en lettres, c'est comme ça. »)
- j'ai mis 2 jours entiers à m'inscrire en ciné
- j'ai vu des gens arriver à la fac à 3h30 du matin pour s'inscrire le lendemain
- après ces inscriptions, je me suis dit que ce serait les dernières à Paris 3
Bref, ce fut long et pénible, bien plus qu'en L2. Mais une fois les inscriptions faites, j'étais de nouveau motivée (alors que les jours qui précédaient, je passais mes journées à moitié effrondrée, à moitié hystérique), je me disais que le plus dur était passé. Sauf que peut-être pas, en fait.

Là, je me demande si c'est moi qui ai changé, moi qui suis une éternelle insatisfaite, ou si tout ce qui faisait le charme de la fac à mes yeux l'année dernière a disparu. (Je précise que je n'évoquerai ici que ma licence de Cinéma.).
J'aimais la liberté que la fac nous offrait, nous prenant pour des adultes et non pour des ados à peine sortis du lycée → cette année, une réforme est passée, qui oblige les profs à faire systématiquement l'appel, et à mettre les élèves aux rattrapages après 3 absences injustifiées. Je veux bien qu'on « flique » les L1 pour limiter les abandons en cours d'année, mais est-ce qu'en L3, on n'est pas censés avoir une autre motivation pour venir en cours que le risque d'être rayé d'un td ?! J'ai l'impression d'être de retour dans un système aussi encadré que la prépa, sans aucun des avantages de cette dernière.
En Cinéma, j'aimais les petits effectifs, qui dépassaient rarement les 25 élèves par cours, et s'approchaient plus des 6/7 élèves en langue → cette année, à cause des élèves de prépa et de BTS qui rejoignent la fac par équivalence, je ne suis presque aucun td où l'on est moins de 60 par classe. C'est juste invivable. Quand ceux qui arrivent en dernier doivent aller chercher des tables et des chaises dans les couloirs, quand les retardataires s'assoient au niveau du prof, c'est invivable.
J'aimais les cours d'esthétique du cinéma et les cours un peu « décalés » → cette année, le programme est majoritairement axé sur la télévision et l'économie...

Pourtant, globalement, les cours de cinéma me plaisent encore. C'est juste que je ne supporte déjà plus les conditions dans lesquelles il faut suivre ces cours, entre ce flicage à la con que constitue l'appel (et les 10 mn de perdues dans un cours déjà dense), le surbooking permanent et de nouvelles réformes toujours plus stupides les unes que les autres qui changent encore une fois les modalités d'examen, revenant à une formule où on passe TOUS les partiels la même semaine. Génial quand on est en double licence et qu'on doit passer approximativement 15 partiels.