Un an en Hypokhâgne pas à près pas : l'hypo-réalité, vous en rêviez p'têtre pas, mais on l'a fait quand même.
Le jour où j'ai quitté une pièce de théâtre au premier entracte
Dernier mois de l'année. J'ai déjà vu pas mal de pièces de théâtre grâce aux abonnements proposés par le prof de théâtre aux élèves non-optionnaires, mais il m'en reste encore deux ou trois. L'ambiance en cours est déjà très relâchée, on sent que la fin de l'année est proche. Autant dire que pour aller voir des pièces choisies au début de l'année, quand on était encore jeune et en bonne santé, il faut se motiver. Mais bon, j'ai payé les pièces, et puis j'aime le théâtre (en théorie). Alors quand j'apprends que je vais voir Faust de Goethe aux Ateliers Berthier, je me dis que ça ne peut qu'être bien. Je suis un poil refroidie quand j'apprends que ça dure plus de trois heures, mais bon, c'est quand même Goethe, je ne peux pas louper ça. Je me décide à y aller. Sauf qu'en faisant quelques recherches sur internet, je me rends compte que la pièce est en... (roulements de tambour)... LITUANIEN SURTITRE. Oui oui, vous avez bien lu. Vous avez déjà vu une pièce en lituanien surtitré, vous ?! (Le premier qui dit oui gagne mon admiration et ma pitié éternelles.) Surtout une pièce allemande en lituanien surtitré... Voulant partager ma crise de fou-rire solitaire, j'envoie un texto à quelques camarades de classe. Ceux qui n'ont pas pris d'abonnement se moquent de moi, les autres tombent des nues.
Après un long débat intérieur, je décide quand même d'aller aux Ateliers Berthier. La pièce commence. Là, je comprends pourquoi elle dure plus de trois heures. Quelques regards échangés en coin avec ma voisine de siège, en essayant d'étouffer nos rires. 45 mn de torture plus tard et un miracle se produit : un entracte ! Je sors, retrouve quelques camarades, qui pour plusieurs d'entre eux s'en vont se poser dans un café pour la fin de la soirée. Je me moque du sort qui attend ceux qui décident courageusement de rester au moins jusqu'au prochain entracte, et je reprends le métro.
Le meilleur moment de la soirée restera pour moi celui où le système de surtitrage a déconné et s'est arrêté pendant une minute : à cet instant précis, j'ai vraiment saisi toute la profondeur de la pièce.
J'adresse tout de même mes sincères excuses à Vladas Bagdonas, Povilas Budrys, Vladimiras Dorondovas, Diana Gancevskaite, Kestutis Jakstas, Gabrielia Kuodyte et aux autres.