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Un an en Hypokhâgne pas à près pas : l'hypo-réalité, vous en rêviez p'têtre pas, mais on l'a fait quand même.

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Le jour où je suis devenue une lettre supérieure

Article écrit le 2/09

 

 

11h. Je retrouve mes amies, sûrement aussi surexcitées que moi, à la sortie du métro. Pendant dix minutes, on parle des vacances, des autres qui n'ont pas de rentrée avant le mois d'octobre et qui sont loin, très loin de la France, de Paris, de la rentrée, de la prépa.

Finalement, le rapprochement tactique du lycée, presque s'en apercevoir. L'entrée du lycée est bondée. Prépa, pas prépa ? Adossées au murs, trois filles, seules, trop âgées pour être des Secondes ne connaissant personne dans leur nouveau lycée. Prépa. Les premiers mots échangés, un peu timides, vite enthousiastes. On est tous dans la même galère, finalement.

11h10, on pousse les portes du lycée. Quelqu'un nous accueille : « C'est vous les lettres sup' ? » Lettres supérieures. L'appellation me fait sourire. Déjà que je dis aux gens que je suis en « prépa littéraire » pour ne pas avoir l'air de les snober en utilisant le mot « Hypokhâgne »...

Ensuite, le moment de rentrer dans la salle de classe. Mais en fait non. C'est dix minutes plus tôt qu'il aurait fallu rentrer : une vingtaine d'élèves sont déjà installés, presque studieux, dans cette salle visiblement trop petite pour pouvoir contenir une cinquantaine d'élèves (les quelques retardaires qui arriveront après l'appel me donneront d'ailleurs raison...).

Chacun se regarde, se jauge. La seule chose qui me rassure, c'est de me savoir entourée, et non perdue comme doivent l'être la plupart des élèves, débarquant totalement dans l'inconnu, n'ayant, pour certains, même jamais vu le lycée.

Vient le moment terrifiant de l'appel. Où l'on vous demande de vous lever devant tout le monde à l'appel de votre nom, et où tous les élèves se tournent vers vous comme si vous veniez de dire la connerie la plus énorme de tous les temps. Colombe, oui, c'est bien moi. Je me rassoie, si vous voulez bien. Quelques garçons (quasiment 7 dans la classe, un record, non ?) se font remarquer, ils n'ont pas l'air de manquer d'humour.

Puis vient le discours de Mme le Proviseur. Qui nous explique à quel point la prépa est sélective, citant quelques chiffres pour nous flatter. « Vous savez, votre dossier a été bien épluché : si l'on vous a choisis, c'est que l'on sait que vous pouvez réussir. » En gros, on va en baver, mais les profs ne seront pas là pour nous enfoncer. Puis la métaphore un peu maisondanslaprairiesque : travaillez main dans la main, on est plus fort à plusieurs que seuls, etc. Dans le fond, c'est pour ça que j'ai voulu être là. Pas « là » en prépa. Non : « là » dans cette prépa. Dans MA prépa. Pour l'entraide, pour les profs. Bien avant d'y être, j'aimais déjà cette prépa.

J'écoute le discours qui se prolonge, essayant de tout retenir. Je regarde par la fenêtre. Je me rends compte qu'en fait, je n'ai pas vraiment quitté le lycée. Pendant que les potes savoureront leurs 17h de cours hébdomadaires, moi je ferai de la philosophie à 8h du mat'. Mais non, nous ne sommes plus des lycéens. D'ailleurs la Proviseure nous dit que le lycée est très heureux d'accueillir en son sein des étudiants. On est déjà aimés. Dingue, non ?

Putain, je suis en prépa. Vraiment. Demain, mes cours commencent selon mon emploi du temps (pourri comme il se doit). J'ai même déjà une version d'anglais à faire pour vendredi. Entamée d'ailleurs... (la procrastination, c'est tabou, on en viendra tous à bout !)

Il est 1h15 (du matin, mais est-il utile de le préciser ?), je suis toute seule dans mon tout petit appartement, et demain je vais à mon premier cours de philo.
J'ai déjà hâte de les retrouver. Tous ces timbrés entr'aperçus aujourd'hui. (L'option théâtre a du bon, vraiment.) Un peu d'humour dans ce monde d'hypokhâgneux, ça fait du bien.

 

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S
<br /> Bonjour :)<br /> Je viens de commencer ton blog (oui oui, je compte tout lire) que j'ai découvert grâce à un forum et en lisant cet article, j'ai vu quelques éléments qui me font dire que tu es à Claude Monnet<br /> (notamment option théâtre). D'où ma surprise: Ah, mais ça alors, de quelle école ai-je donc reçu un dossier à remplir hier?!<br /> Alors voilà, si tu es bien à Claude Monnet comme il me semble, j'aurai aimé en savoir un peu plus sur cette fameuse option théâtre car je n'ai ab-so-lu-ment au-cune in-for-ma-tion (pour parler<br /> comme ma mère) du style est-ce que c'est réservé au futur comédiens, en quoi ça consiste, est-ce que c'est du travail, blablabla..<br /> Il faut envoyer les dossiers avant lundi et j'ai rien rempli et j'ai peur et je ne sais pas quoi prendre comme option et j'ai envie d'aller en Bretagne donc actuellement, ça ne se voit pas mais je<br /> te le dis, je prie pour que tu sois bien dans cette prépa ET que tu me répondes à temps. C'est dit.<br /> Sur ce, bonne journée!<br /> :)<br /> <br /> <br />
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C
D'accoooord. Je fais quoi ? Je saute maintenant et j'abrège mes souffrances au lieu continuer à trimer pendant des mois pour mourir bêtement, tuée par la force du mythe et du psychisme ?
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C
<br /> J'hésite. Mais en bonne procrastinatrice, je pense que j'attendrai demain pour me décider.<br /> <br /> (A chaque fois que ma prof évoque les procrastinateurs morts en passant à l'acte, je me dis que c'est bientôt mon tour...)<br /> <br /> <br />
C
J'ai commencé la dissert de géo à rendre pour dans un mois et demi. <br /> Je me reconnais plus. <br /> Hypokhâgneuse, sort de ce corps. (tiens d'ailleurs mon "code" c'est STP...)
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C
<br /> Je confirme, c'est grave. (Moi j'ai pas le temps de commencer des disserts pour dans trois semaines, il faudrait déjà que je règle mes 'problèmes' de la semaine prochaine...)<br /> <br /> J'ai pensé à toi pendant mon dernier cours de français : la prof nous parle de la procrastination, et des procrastinateurs célèbres (Hamlet, le 'héros' des Mains Sales de Sartre, etc), et<br /> nous précise bien que tous meurent quand ils se décident enfin à agir.<br /> Non, franchement, ça n'a rien de rassurant !<br /> <br /> <br />