Un an en Hypokhâgne pas à près pas : l'hypo-réalité, vous en rêviez p'têtre pas, mais on l'a fait quand même.
Article écrit le 6/09
3 jours déjà. Ah, je vous vois venir : « 3 jours seulement, tu veux dire ! » Eh bien non : clairement, cela fait déjà trois jours que je suis en Hypokhâgne.
Finis le lycée et la rentrée qui s'étale sur une semaine et le travail qui ne commence que deux semaines plus tard.
La rentrée en Hypokhâgne a été un vrai choc. Pour moi, j'entends. Non pas le jour de la rentrée administrative, qui s'est, comme je vous le disais dans mon dernier article, très bien passée, mais plutôt les jours qui ont suivi, où les cours ont réellement débuté.
D'abord, la découverte de cette charge de travail, totalement nouvelle pour la plupart des Hypokhâgneux, qui avaient rarement besoin de se tuer à la tâche au lycée. Nous sommes peut-être de jeunes Hypokhâgneux, mais les profs ne nous ménagent pas. Après deux mois de vacances et une année de Terminale en touriste, le choc est rude : alors qu'en Terminale on se plaignait d'avoir trois fois dans l'année 400 mots à apprendre en deux semaines, notre professeur d'anglais actuel, lui, a pour ambition de nous faire apprendre la même quantité de mots par semaine, chaque semaine sans exception, sans compter les chapitres de grammaires hebdomadaires et les nleçons de civilisation. On a beau se préparer à l'idée qu'on aura un boulot monstre en Hypokhâgne, on est toujours en deçà de la réalité. Et ce n'est que le début de l'année.
Ensuite, le niveau. De la Terminale, où le niveau était franchement hétérogène et où l'on pouvait impressionner facilement un prof de temps en temps, on passe à la cour des grands : rares sont les fois où j'ai eu les réponses demandées par un professeur, encore plus rares celles où j'aurais osé lever la main pour m'exprimer devant tout le monde. Il est dur de trouver sa place parmi 49 autres élèves tout aussi (voire bien plus) intelligents et doués que vous.
En Terminale, c'était simple : il y avait le groupe des mauvais, ceux qui ne participaient jamais et ne se souciaient pas plus que ça de leurs notes, celui des moyens, qui bossaient sans franchement briller, celui des bons, qui participaient de temps en temps en cours et récoltaient régulièrement de bonnes notes, et celui des très bons, la fameuse « tête de classe ». Avec l'entrée en Hypokhâgne, la 'hiérarchie' est totalement bouleversée : il n'y a soudain plus que de très bons et de bons élèves. Et d'un coup, on se rend compte qu'il va bien falloir un dernier. Et que ça peut tomber sur nous. Alors face à la fille bilingue en allemand, celle bilingue en anglais, face au garçon qui connaît en détail des évènements historiques dont vous n'avez même jamais entendu parler, on commence à relativiser un peu.
Mercredi, en fin de soirée, après le premier jour de cours. Déjà, les doutes. Et une équation qui se dessine : C'est comme si on n'avait pas quitté le lycée + je n'ai clairement pas le niveau + je veux vivre comme une étudiante lambda = je veux partir. Oui, déjà. Tout ça pour un cours d'allemand qui m'a révélé ce que je redoutais depuis quelque temps : mon niveau déplorable. Sauf que c'est léger, très léger pour vouloir tout lâcher tout de suite. Je me connais, je suis comme ça. Heureusement que mon entourage me connaît aussi.
Putain, je me suis fait peur ce mercredi, vraiment.
Mais voilà, le début de la prépa, ce n'est pas que le choc de la fin du lycée. C'est surtout les rencontres. Avec les élèves, d'abord, puis avec les profs.
Les élèves. J'en ai parlé dans mon article précédent, et je n'ai toujours pas changé d'avis à ce sujet : même si nous sommes bien trop pour que j'aie parlé avec plus d'une dizaine de personnes, je les trouve toujours aussi géniaux. Il faut dire que la réputation de bonne ambiance qu'a notre prépa y est pour quelque chose : réputation de bonne ambiance => attire les lycéens qui veulent une bonne ambiance => bonne ambiance => ... et ainsi de suite. Bref, pour le moment personne n'a essayé de me manger, et même si je ne serai probablement pas amie avec tout le monde (là c'est la geek asociale qui parle), je suis franchement contente de me retrouver parmi eux.
Les profs, ensuite. Je ne peux évidemment pas parler d'eux sans évoquer leur premier cours. Par ordre d'apparition, donc :
Philo : Prof sévère au premier abord (si mes profs découvrent ce blog, j'aurai l'air fine...) , mais qui a l'air vraiment compétente, et intéressée par ce qu'elle fait. D'après la bibliographie qu'elle nous a distribuée dès le premier jour, certainement très exigeante aussi, mais on sait bien à quoi s'attendre quand on met les pieds en HK (en théorie).
Allemand : La torture directement, avec plusieurs minutes de présentation en allemand pour chacun d'entre nous (Un conseil : commencez votre présentation directement par une faute de grammaire, c'est un must !). L'année risque de s'avérer très parcoeuresque, mais les progrès sont à peu près garantis à condition de bosser ce que la prof nous demande.
Géographie : Une assez mauvaise impression au départ, mais la matière en question n'a apparemment plus rien à voir avec la géographie telle qu'on l'étudie au lycée. Elle a l'air bien plus intéressante, même si la géographie et moi ferons probablement deux jusqu'à la fin des temps.
Français : Waw. Ca va vite, très vite, ça part dans tous les sens, c'est dur à prendre en notes. Mais qu'est-ce que c'est intéressant ! J'aime déjà cette prof, qui nous apprend deux figures de style dès les 20 premières minutes du cours. (Oui, je porte un amour immodéré pour les figures de style, c'est mon vice !)
Histoire : Encore un coup de coeur, pour cette prof passionnée (mais ne le sont-ils pas tous ?) qui va elle aussi à 200 à l'heure, et nous conseille trois pages de bouquins à lire absolument.
Anglais : Presque le meilleur pour la fin. Un accent anglais à couper au couteau, un débit dix fois supérieur au mien (et pourtant, si vous m'entendiez parler...), un enthousiasme quasi-touchant (« C'est un rêve d'être professeur en Hypokhâgne ! ») et un programme là aussi extrêmement ambitieux. Certainement un des profs les plus exigeants, mais qui me fait parier qu'à la fin de l'année, nos progrès seront impressionnants. Un premier cours de deux heures, consacré d'abord à un test de langue non comptabilisé dans la moyenne, puis au début de la correction d'une version que nous avions à préparer chez nous. La correction est tellement pointue que nous n'avons le temps de corriger que quelques phrases. « Désolé si ce cours était nul. » Mais Monsieur, vous êtes fou !
Voilà, tout ce long article pour dire qu'après un passager coup de blues, mon enthousiasme est revenu, malgré les 400 mots de vocabulaire d'anglais et la page d'Allemand à apprendre, le bouquin de philo à lire, la fiche d'histoire à faire et l'exercice de géo à rendre.
Si j'arrive au bout de cette expérience, c'est-à-dire si je tiens jusqu'à la fin de l'année (mon but actuel étant de rejoindre la fac en L2 de Lettres Modernes et de commencer en parallèle une licence de Cinéma), quelle culture générale j'aurai acquise !
Je mesure enfin ma chance, je crois.
PS : Pardon pour la publication des articles en différé, l'absence imprévue du net a quelque peu compliqué mes plans.
J'espère que la rentrée de tous mes khâmarades virtuels s'est bien passée !