Un an en Hypokhâgne pas à près pas : l'hypo-réalité, vous en rêviez p'têtre pas, mais on l'a fait quand même.

J'avais d'abord pensé à intégrer ces réflexions à un article plus général, et puis voyant la longueur que cette 'partie' prenait, je me suis dit qu'il serait sans doute plus sage d'en faire un article à part entière. Comme ça, les lecteurs exaspérés pourront sauter mes états d'âme pour passer directement à l'article suivant, qui sera beaucoup plus général.
J'abord donc le sujet qui fâche toujours autant : le sommeil. Je vais avoir l'air d'être totalement obnubilée par le sommeil, et à vrai dire je n'en suis vraiment pas loin. J'ai commencé l'année en dormant dans les 6h par nuit. Ensuite, je suis passée en dessous de la barre des 6h pour me diriger dangereusement vers la barre des 5h30, puis celles des 5h. En ce moment, j'enchaîne les nuits de 3h30. Et tout ça pour RIEN. (Je dis ça pour ne pas effrayer les pauvres petits futurs hypokhâgneux qui auraient le malheur de prendre tout ce que je dis dans ce blog pour un témoignage universel. Dormir 3h30 par nuit, ce n'est pas normal, même en prépa. ) Au moins, il me reste la consolation d'en être consciente.
Je disais donc : pour rien. Ce serait tellement plus simple de se mettre à bosser à 16h ou à 18h, en revenant du lycée. Mais non : il y a l'ordi, la télé, le lit. Aaaaah, le lit : LA tentation ! Parce que passé en dessous des 4h du sommeil, le lit commence à vous parler, si si, à vous appeler. Et comme je ne suis pas comme Ulysse et ses sirènes, je m'écroule littéralement pendant 2h. Donc quand je me réveille, c'est l'heure de dîner. Et ainsi de suite.
Le pire, c'est que je SAIS, je sais bien que je suis en train de perdre du temps (tenez : il est 2h10 et je suis en train d'écrire un article au lieu de réviser mon anglais, auquel je n'ai pas touché depuis une semaine), mais j'ai l'impression de ne rien pouvoir y faire. Les procrastinateurs comprendront, les autres me regarderont avec pitié au mieux, avec mépris au pire. Je ne sais pas pourquoi, mais j'y arrive pas : je me vois en train de glander, et ma conscience me dit que je perds mon temps, que je vais encore me retrouver à faire mon plan détaillé d'histoire à 1h du matin, mais voilà. J'ai pris donc pris une grande décision : imiter la plupart de mes camarades et aller bosser à la bibliothèque (Beaubourg est quand même à 10 mn à pied de ma prépa, j'ai honte...), et ce directement après les cours. Là, j'aurai une vraie excuse pour être crevée en rentrant chez moi.
En fait je crois que sans ce problème de sommeil (qui est loin d'être valable pour TOUS les hypokhâgneux : encore une fois, rassurez-vous !), je serai quasiment libérée de toute presion. Pour l'instant, mes deux seuls pétages de plombs sont dûs à ce problème, qui m'a fait me retrouver à bosser à 2h du matin sur des devoirs à rendre. Ca + tous les petits problèmes de la vie quotidienne (genre : mandieu, j'ai plus rien dans le frigo et j'ai pas papamaman pour me faire mes courses...) = grosse grosse crise d'angoisse à 3h15 du mat'. Et là je remercie très fort ma grande soeur d'être aussi noctambule que moi, sinon je ne sais pas qui j'aurais pu appeler à cette heure-là. Au moins, il y a eu quelqu'un pour me donner des conseils de bon sens : « Fais ce que tu es obligée de faire, laisse tomber le reste. Tant pis pour l'histoire, tu diras que tu n'as pas eu le temps. Ne fais pas de nuit blanche, laisse tomber ton boulot, tant pis si tu as zéro, tant pis si la prof t'engueule. »
Effectivement, la chose la plus intelligente est de faire passer sa santé avant son boulot, même si on est entièrement responsable du problème.
D'ailleurs je remarque qu'il y a deux types de gens qui n'ont pas de problèmes de sommeil en prépa : ceux qui bossent sérieusement et se couchent donc à des heures potables puisqu'ils ont fini de bosser tôt dans la soirée, et ceux qui ne bossent pas des masses mais se fixent une limite, genre se coucher à minuit, quoiqu'il leur reste à faire. Mon problème, c'est d'être entre les deux : l'idée de ne pas finir entièrement mon boulot m'est insupportable, mais je n'arrive pas à me mettre à bosser immédiatement arrivée chez moi. Apprendre à ne pas finir son boulot, quand cette idée ne vous serait même jamais venue à l'idée jusque là, c'est difficile. Quelque part, c'est une progression, car il y a toujours du boulot qu'on ne peut pas faire en prépa, même en bossant sérieusement, c'est le jeu.
Pour la première fois de ma vie, j'ai passé un contrôle de lecture sur un bouquin que je n'ai pas lu entièrement, je vous dirai à quel point on peut tromper un prof de prépa. :P (je vise le 4 ou le 5, sachant que près du tiers des questions portaient sur la partie du bouquin que je n'avais pas lue, et qu'il s'agit d'un bouquin de philo...)
Et je finis par la partie la plus 'marrante' : les endormissements impromptus en cours. Le plus drôle, c'est de poser sa tête deux minutes contre sa table, juste deux minutes, et de se réveiller en sursaut 10 secondes plus tard, genre « Ah mon dieu, je suis sûre que j'ai dormi 20 mn et que la prof vient de faire une remarque devant tout le monde, la hooooonte ! » Le tuyau, c'est de se mettre tout au fond, dans un coin hors de vue. (Tout le monde s'est foutu de moi quand j'ai relevé la tête de ma table : il paraît que j'avais un énorme pli sur la joue...) Par contre, ça devient moins drôle quand on ferme les paupières à peine 3 secondes, que le prof vous appelle et que votre seul réflexe est de répondre « Oui ! », genre « Oui chef ! » En plus ça angoisse les voisins : « Nan mais je sais jamais : je dois te réveiller ou pas quand tu dors ? - Bah j'en sais rien, mais en tout cas si je ronfle, tu me réveilles, hein ! »
Voilà, un article franchement pitoyable, d'ailleurs je ne m'étonnerai pas s'il énerve. C'est surtout un article défouloir : j'ai besoin de poser un peu tout ça à plat, après trois mois de cours. De prendre du recul. Pour que ça change, peut-être...