Un an en Hypokhâgne pas à près pas : l'hypo-réalité, vous en rêviez p'têtre pas, mais on l'a fait quand même.
Après avoir battu le record du monde de la plus longue absence d'articles sur un blog (non non, je n'en fais pas trop...), je reviens avec un article sur la licence de Cinéma !
Commençons par le commencement : l'admission en licence de Cinéma à Paris III. Sur ce point, les choses ne sont pas tout à fait claires pour moi. D'un côté, il s'agit d'une licence dans un fac normale, supposée non sélective. Mais de l'autre, les secrétaires le disent elles-mêmes : les demandes surpassent le nombre de places offertes par l'université, et la licence devient en ce sens sélective. Pour les élèves venant de Terminale, je ne sais pas quels critères exacts la fac prend en compte pour choisir ses futurs étudiants (notes sur l'année ? critère géographique ? hasard ?).
Mais je peux indiquer une chose aux élèves ayant obtenu leur bac depuis plus d'un an et souhaitant intégrer Paris III en Cinéma : leurs chances d'intégrer la licence de ciné en L1 sont quasi-nulles, de l'aveu-même des secrétaires, les élèves sortant de Terminale étant logiquement prioritaires. Comme j'ai déjà expliqué la façon dont je suis entrée directement en L2 dans un autre article, je ne m'attarderai pas plus sur la question, mais sachez qu'il est possible d'obtenir une admission en L2 sans avoir étudié le cinéma auparavant. Un seul conseil : rendez-vous au secrétariat de l'UFR de ciné, et emmerdez les secrétaires jusqu'à ce qu'elles vous expliquent toutes les possibilités que vous avez. La fac, c'est le royaume de la débrouille.
Maintenant que je me suis débarassée du côté pratique, je vais pouvoir aborder LE point important de l'article : le contenu des cours. Et c'est déjà ici que la licence de Cinéma se distingue radicalement de la licence de LM : alors qu'en LM, seuls les cours de littérature (et les UE libres, mais c'est comme ça pour toutes les licences) diffèrent les uns des autres en L2, en Cinéma, il n'existe quasiment pas deux TDs traitant du même sujet ! Ceci exclue plus ou moins les cours de langue, et évidemment les CM, communs à tous. Certains cours ont le même intitulé pour tous (c'est par exemple le cas des cours d'étude de textes théoriques), mais chaque professeur a tout de même une importante liberté dans la façon d'aborder son cours (il peut ainsi choisir les textes qu'il étudiera dans le cas de l'étude de textes théoriques).
Une des raisons pour lesquelles j'adore ma licence de Ciné est bien la variété des cours : sous un même intitulé général (« Analyse des formes plastiques et sonores », par exemple), on a le choix entre six cours totalement différents les uns des autres (pour reprendre mon exemple, « A quoi servent les mouvements de caméra ? », « La couleur au cinéma », « Les spectres de la voix off », « Histoire et esthétique du décor de cinéma », etc.).
C'est peut-être quelque chose qui m'est propre, mais depuis que je suis en primaire, j'ai la hantise de l'ennui. Pas de l'ennui savant (« Ah la la, je suis tellement douée que je vais m'ennuyer une année de plus... ») mais de l'ennui de lassitude (« Quoi ?! On va encore étudier L'île des esclaves ?! »). Etudier le cinéma me permet d'éviter totalement cet ennui. J'adore la variété des cours, j'adore le fait que la licence de ciné puisse combler à la fois l'intellectuel féru de cinéma d'avant-garde et le fan de blockbusters américains.
Bien sûr, cette variété implique qu'on ne puisse pas n'assister qu'à des cours qui nous passionnent, mais le plaisir est aussi dans la découverte de thèmes vers lesquels on ne serait pas allé spontanément (j'ai par exemple suivi un cours sur le motif du zombie (si si !) au premier semestre, alors que je détestais à l'origine les films d'horreur, et ce cours a fini par être de loin mon préféré du semestre !). A ce sujet, une prof nous a d'ailleurs dit quelque chose de très juste en guise d'introduction à son cours : le cinéma n'est pas un domaine en lui-même, mais étudie un ensemble de domaines. Et les différents cours proposés par Paris III reflètent bien cette réalité : en étudiant le cinéma, on découvre des domaines qui nous étaient totalement étrangers et on apprend à les mettre en relation avec les films. Pour vous donner quelques exemples concrets, on peut ainsi aborder l'histoire (« Cinéma et propagande »), la psychanalyse (« L'horreur familiale à l'écran »), l'ethnologie (« Du cinéma ethnologique au film anthropologique »)... Quelque part, cette caractéristique permet de pallier un peu l'un des défauts de la fac, à savoir son ultra-spécialisation, ou le fait qu'elle n'exige des élèves que la maîtrise d'un seul domaine : il ne suffit pas de voir des films pour réussir, mais il faut s'intéresser à des domaines autres que le cinéma.
Comme je l'ai fait pour les lettres, je vais quand même vous donner un aperçu des cours que l'on peut avoir en L2 de Cinéma, en vous listant mes cours du premier semestre (pour info, mon emploi du temps du second semestre n'avait déjà presque plus rien à voir avec celui du premier, du point de vue des cours) :
- Les fondamentaux de l'économie du cinéma (cm)
- Histoire du cinéma contemporain (cm)
- Etude de textes théoriques
- Esthétique générale
- La structure du P.A.F : statut des animateurs-producteurs
- Atelier d'écriture scénaristique
- Anglais : de la ville à l'écran
- Le motif du zombie
Je pense que cette liste vous donne un bon aperçu de la variété des cours de cinéma ! Un petit détail tout de même pour ceux que la licence de Cinéma de Paris III intéresserait : cette licence est constituée à 99,9% de théorie, les cours pratiques étant quasi-inexistants. Si vous êtes exclusivement intéressés par la technique, allez en école de cinéma. Sinon, la fac est une très bonne formation théorique permettant d'acquérir une bonne culture générale avant de tenter une école plus technique !