Un an en Hypokhâgne pas à près pas : l'hypo-réalité, vous en rêviez p'têtre pas, mais on l'a fait quand même.
Plus de 4 ans après avoir fini mon année d'Hypokhâgne, il me semble que je peux enfin commencer à tenter de répondre à cette question : concrètement, une prépa, ça sert à quoi ? Une question que tout lycéen / hypokhâgneux se pose quand il ne veut pas devenir prof. Parce qu'il est évident que si vous voulez tenter un concours de l'enseignement, et en particulier l'Agrégation ou le CAPES, la question ne se pose même pas : la prépa est la formation idéale. Bien sûr, on peut aussi réussir en faisant toute sa scolarité à la fac (d'ailleurs, des majors de concours sortent régulièrement d'un parcours 100% fakheux !), mais la prépa facilite quand même bien les choses en posant des exigences et un niveau qui n'existe absolument pas pendant les premières années de fac.
Evidemment, quand on a choisi de faire une ou deux (ou trois...) années de prépa, qu'on a la tête dans le guidon, on ne se pose plus trop la question : on essaie de réussir au mieux et on se pose des questions quand on rejoint la fac. Mais quand on est au lycée, on peut légitimement se demander à quoi sert à la prépa. Clairement, la prépa s'adresse en priorité aux gens qui veulent devenir profs, et aux lycéens qui ne savent pas quoi faire après le bac mais possèdent un bon niveau général dans toutes les matières. Petits lycéens, si vous n'avez pas d'aversion pour telle ou telle matière, n'hésitez pas une seconde : allez en prépa !
Oui, mais pour quoi ? C'est ici que mes 4 ans de recul commencent à me servir. La prépa, ce n'est pas juste quelques années d'études intensives à dormir 5h par nuit pour tenter de finir premier à un classement. Scolairement, évidemment, ce sont des méthodes et une organisation qui vous servira pendant toute votre scolarité. Au niveau professionnel, quand on met de côté les concours de l'enseignement, l'intérêt de faire une prépa peut sembler assez réduit. Et pourtant, cet intérêt existe bel et bien.
La prépa est un véritable atout dans un CV. On me l'avait dit quand j'étais moi-même en HK, et je n'y croyais pas trop à l'époque. Après avoir passé un nombre plutôt conséquent d'entretiens pour des stages dans le cinéma (à première vue, pas grand-chose à voir avec une Hypokhâgne, donc !), j'ai pu constater à quel point c'était vrai.
D'abord, il y a les recruteurs qui sont eux-mêmes passés par une prépa, et qui sont donc contents de trouver un profil semblable au leur. Dans mon cas, on m'a posé des questions sur les mentions ("Mais c'est quoi exactement ? Ca n'existait pas à mon époque !"). C'est déjà un bon point.
Après, il y a l'effet "formation élitiste". Même ceux qui ne sont pas passés par une prépa savent qu'il s'agit d'une formation exigeante, qui demande beaucoup de rigueur et d'organisation. Et ça, ce sont des atouts qu'on peut très facilement faire valoir en entretien ! Par exemple, quand je postule à un annnonce qui mentionne qu'il faut être bien organisé, j'explique que j'ai dû apprendre à m'organiser en prépa (et en double licence, mais c'est une autre histoire...). Qu'une importante masse de travail ne me fait pas peur. Que je sais résister au stress.
Bien sûr, la prépa reste avant tout une expérience scolaire, mais il ne faut surtout pas hésiter à s'en servir pour mettre son profil en valeur, surtout quand on a très peu d'expérience professionnelle : avoir fait une prépa, c'est avoir des qualités qui peuvent intéresser un recruteur. Pour un premier stage, c'est vraiment quelque chose à ne pas négliger.
Tout ça pour dire aux petits lycéens timides qui se disent qu'une prépa ne leur servira à rien parce qu'ils ne veulent pas devenir profs : réfléchissez-y à deux fois... Je ne dis pas qu'avoir fait une Hypokhâgne vous permettra d'obtenir le job de vos rêves, mais c'est tout à fait possible de faire valoir cette année scolaire dans un milieu professionnel totalement différent de l'enseignement !