Un an en Hypokhâgne pas à près pas : l'hypo-réalité, vous en rêviez p'têtre pas, mais on l'a fait quand même.
Cet article-là, ça fait déjà deux semaines que je me dis que je devrais l'écrire un soir en rentrant de la fac, comme ça, sur le vif, histoire de publier au moins un article qui soit une réaction à chaud, et pas un pavé de 3 pages word sur les pour et les contre de tel ou tel choix d'orientation... Evidemment, ça fait deux semaines que je cogite sur cet article, donc il n'a absolument plus rien d'un article sur le vif. Mais il faut quand même que je l'écrive – et que je le publie, histoire de pouvoir revenir dessus d'ici quelques semaines si mon état d'esprit a changé et de prouver que même si je n'actualise que très peu mon blog, il se passe des choses de mon côté.
Alors voilà : ça fait deux semaines que les cours ont recommencé.
Les inscriptions pédagogiques (= moment où l'on choisit ses cours) mériteraient à elles seules un article entier, mais je n'ai pas le courage de revivre, même par l'écriture, ce moment plus qu'éprouvant.
Pour en parler quand même un peu, je dirais juste que :
- j'ai mis 8h à m'inscrire en lettres (en étant 3ème sur liste d'attente, arrivée à 7h devant une fac aux portes encore fermées)
- je me suis fait insulter par des c*nnasses qui ne comprenaient pas pourquoi on pouvait être énervés de s'entendre dire les ¾ de nos tds étaient complets alors qu'on était les premiers sur place
- j'ai vu deux personnes éclater en larmes devant une des c*nnasses citées plus haut
- j'ai dû modifier trois fois mon emploi du temps de lettres pour des raisons absolument absurdes (« Bon, n'oubliez pas de prendre vos UE libre en lettres. - Mais le principe des UE libres, c'est pas justement qu'on peut pas les prendre dans n'importe quel ufr ?! - Si vous voulez votre licence de lettres, vous les prenez en lettres, c'est comme ça. »)
- j'ai mis 2 jours entiers à m'inscrire en ciné
- j'ai vu des gens arriver à la fac à 3h30 du matin pour s'inscrire le lendemain
- après ces inscriptions, je me suis dit que ce serait les dernières à Paris 3
Bref, ce fut long et pénible, bien plus qu'en L2. Mais une fois les inscriptions faites, j'étais de nouveau motivée (alors que les jours qui précédaient, je passais mes journées à moitié effrondrée, à moitié hystérique), je me disais que le plus dur était passé. Sauf que peut-être pas, en fait.
Là, je me demande si c'est moi qui ai changé, moi qui suis une éternelle insatisfaite, ou si tout ce qui faisait le charme de la fac à mes yeux l'année dernière a disparu. (Je précise que je n'évoquerai ici que ma licence de Cinéma.).
J'aimais la liberté que la fac nous offrait, nous prenant pour des adultes et non pour des ados à peine sortis du lycée → cette année, une réforme est passée, qui oblige les profs à faire systématiquement l'appel, et à mettre les élèves aux rattrapages après 3 absences injustifiées. Je veux bien qu'on « flique » les L1 pour limiter les abandons en cours d'année, mais est-ce qu'en L3, on n'est pas censés avoir une autre motivation pour venir en cours que le risque d'être rayé d'un td ?! J'ai l'impression d'être de retour dans un système aussi encadré que la prépa, sans aucun des avantages de cette dernière.
En Cinéma, j'aimais les petits effectifs, qui dépassaient rarement les 25 élèves par cours, et s'approchaient plus des 6/7 élèves en langue → cette année, à cause des élèves de prépa et de BTS qui rejoignent la fac par équivalence, je ne suis presque aucun td où l'on est moins de 60 par classe. C'est juste invivable. Quand ceux qui arrivent en dernier doivent aller chercher des tables et des chaises dans les couloirs, quand les retardataires s'assoient au niveau du prof, c'est invivable.
J'aimais les cours d'esthétique du cinéma et les cours un peu « décalés » → cette année, le programme est majoritairement axé sur la télévision et l'économie...
Pourtant, globalement, les cours de cinéma me plaisent encore. C'est juste que je ne supporte déjà plus les conditions dans lesquelles il faut suivre ces cours, entre ce flicage à la con que constitue l'appel (et les 10 mn de perdues dans un cours déjà dense), le surbooking permanent et de nouvelles réformes toujours plus stupides les unes que les autres qui changent encore une fois les modalités d'examen, revenant à une formule où on passe TOUS les partiels la même semaine. Génial quand on est en double licence et qu'on doit passer approximativement 15 partiels.