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Ben oui, j'm'en pose de drôles de questions.
Vous allez penser (et vous n'aurez sans doute pas tort) que je n'avais qu'à mieux réfléchir à l'endroit où je mets les pieds, mais maintenant que le bac est passé et que je pense à la facilité supposée du lycée par rapport à la prépa, j'ai peur.
Au bac, même les matières dans lesquelles je n'avais aucune facilité ne m'ont pas resisté. Tandis qu'en prépa, plus la peine de compter sur ses "facilités". Adieu mademoiselle la procrastinatrice, bonjour madame l'oie intellectuelle.
Parce que voilà, j'ai peur d'être gavée, gavée par un entonnoir intellectuel, d'être forcée d'accumuler lectures après lectures, dates après dates, noms après noms sans jamais pouvoir refermer la bouche.
Evidemment, je vais en prépa
parce que je veux apprendre. Je ne suis pas maso. Enfin pas encore.
Mais d'un autre côté, je suis du genre à rejeter méchamment tout gavage intellectuel... Je le sais car les matières dans lesquelles je réussis le moins sont souvent celles où la réussite repose en grande partie sur le par coeur.
Par exemple, en Histoire : quasi-impossible pour moi de retenir les dates, les noms, les lieux. Pas que j'aie si une mauvaise mémoire, mais ça, non, ça ne passe pas. Parce que j'ai du mal à me passionner pour l'histoire, parce que je n'ai jamais eu envie d'ouvrir un bouquin d'histoire des heures pour m'y plonger et tout en retenir. Alors qu'en littérature, par exemple, le problème ne se pose pas.
Je sais que si je fais un blocage sur une matière, je n'en retiendrai RIEN.
Voilà une autre des raisons qui me font douter de ma possible réussite en prépa.
Même si je suis une procrastinatrice endurcie, je sais que je peux bosser quand un sujet m'intéresse, des heures s'il le faut. Mais si ça ne me plaît pas ?
Je sais pourquoi je vais en prépa. Plus que pour apprendre, c'est surtout pour approfondir les matières que j'aurais dû abandonner si j'étais allée en fac [note pour plus tard : penser à parler de la fac].
Aujourd'hui, si je devais faire la liste des matières qui me plaisent, j'en dénombrerai honnêtement deux : le français et l'anglais.
Je ne demande qu'à me passionner soudain pour la géographie ou pour l'histoire, me découvrir une vocation philosophique tout nouvelle.
J'ai l'impression d'aborder la prépa d'une façon saine, que j'aimerais vierge de tout a priori. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir peur à l'avance de la quantité d'informations à ingurgiter continuellement, sans me laisser le temps de regarder bêtement le prof, de me laisser bercer par ses paroles sans rien y comprendre, et de me dire naïvement que je prendrai des notes plus tard.
J'ai peur qu'on m'en demande trop, tout de suite et sans arrêt. Peur d'être gavée comme une oie intellectuelle.
Quand j'aurai passé le cap de la première semaine (ce que je me souhaite, tout d'même !), je reviendrai sur cet article, et j'essayerai de démentir tous ces préjugés probablement énormes que la prépa fait souvent naître dans l'esprit des futurs hypokhâgneux, et particulièrement dans le mien.
En attendant, pardonnez-moi l'expression, mais je glande, - et j'aime ça.