Un an en Hypokhâgne pas à près pas : l'hypo-réalité, vous en rêviez p'têtre pas, mais on l'a fait quand même.
Bon, ok, je vous l'accorde : je n'ai pas été très sérieuse... Je voulais vraiment écrire un article beaucoup plus tôt sur les échanges à l'université, et comme d'habitude, j'ai retardé le moment d'écrire cet article jusqu'à déserter une fois de plus mon blog pendant de longs mois. Bon, en même temps, comme je ne suis plus vraiment en prépa et que la vocation première de ce blog était de relater mon expérience en Hypokhâgne, vous me pardonnerez peut-être ?
Oui, je sais, ce blog n'est pas un journal intime. Mais je vais quand même vous donner quelques-unes de mes nouvelles, histoire d'offrir un peu de continuité à ce blog en perdition.
J'ai fini mon année de Master 1 à Montréal, qui restera une des années les plus marquantes de ma vie (je vous promets, je vais développer un peu dans un prochain article qui arrivera avant 6 mois !). Je ne regrette vraiment pas cette année à l'étranger, que je conseille vivement à tous ceux qui ont la possibilité de partir pour un an ou plus.
J'ai validé mon Master 1 contre toute attente, ou en tout cas, contre toutes MES attentes : non, je ne vous ferai pas le coup de la fausse modeste (j'ai obtenu mes Licences de Lettres Modernes et de Cinéma avec des mentions Bien, ce dont je me satisfais amplement !), mais j'ai vraiment cru que ce coup-ci, j'allais avoir du mal à tout boucler. Pour vous expliquer pourquoi, j'expliciterai dans mon prochain article la question du Master, qui reste une étape incontournable dans un cursus scolaire littéraire.
Au niveau de mon orientation scolaire, on peut dire que j'ai un peu modifié la trajectoire... Pour résumer ma situation, j'ai donc fait, par ordre chronologique :
- une année d'Hypokhâgne option allemand
- deux années de licences de Lettres Modernes et de Cinéma
- une année de Master 1 de Cinéma
A mon retour du Canada, je me suis retrouvée avec cette grande angoisse existentielle qui touche à peu près tous les étudiants de l'université à un moment ou à un autre de leurs études : « Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie ?!? » *insérer petite musique dramatique* Parce que quand on vient de finir un Master de Cinéma, je vous jure qu'on est tout sauf certain de ce qu'on va faire plus tard... D'abord parce que le milieu du cinéma est plus que bouché, et qu'il n'existe pas d'agreg ni de CAPES pour être prof. Ensuite parce qu'à la fac (en tout cas à Paris 3), on ne vous oriente à peu près JAMAIS. C'est à peine si on vous conseille en 3ème année de faire un stage... D'ailleurs, si je devais vous donner un seul conseil : faites des stages ! C'est la seule porte par laquelle vous entrerez un jour dans la vie professionnelle si vous envisagez autre chose que la fonction publique.
Je me suis donc retrouvée, pendant et après mon année de Master, à me demander quel boulot j'allais bien pouvoir exercer après la fac. Bien sûr, il y a toujours les boulots de rêve qu'on garde dans un coin de sa tête (scénariste, Dieu, gardien de chèvres au Tibet...), mais il y a aussi le boulot auquel on doit réfléchir parce que c'est lui qui va nous permettre de manger chaque mois. Et le problème, c'est que ce boulot (dans le cinéma : réalisateur, producteur, monteur, etc.) est très rarement préparé par une formation en fac. Donc on finit par se retrouver à avoir suivi une formation qui ne mène concrètement à rien après 4 ans d'études.
Je ne remets pas en question la qualité de la formation que j'ai reçue à Paris 3 : j'y ai eu de bons professeurs, et suivi des enseignements théoriques solides. Mais question enseignements pratiques qui seraient utiles à un travail dans le milieu (je ne parle pas d'apprendre à tourner un film, mais d'avoir de vrais cours d'économie, de droit, etc.) : le néant. Évidemment, il y a des gens qui trouvent du travail après un Master de Cinéma, mais au bout de combien de temps ? Par quel moyen ? Et quel travail exactement ? Évidemment, personne à la fac n'ira répondre à ces questions... J'imagine que ne pas suivre les anciens élèves, c'est une bonne façon de se cacher les yeux face à la réalité de l'emploi après la fac...
C'est parce que je me suis posée toutes ces questions, et que j'ai subi cette angoisse existentielle (les études, c'est bien, mais qu'à 22 ans passés, on commence forcément à réfléchir au jour où on va devoir entrer dans la vie active...), que j'ai décidé de me tourner vers une école. Je n'ai pas totalement renié ma formation, puisque je vais suivre un MBA (qui est en fait un Master 2 avec un nom qui fait plus classe, pour simplifier) en Production Audiovisuelle... dans une école de commerce.
Attendez un peu avant de me lapider ! Non parce qu'en vrai, le principe de l'école de commerce m'a toujours débecté. Quoi, payer 7000€ une année (à multiplier par 4 ou 5 selon le nombre d'années d'études...) pour avoir un travail ?! Se retrouver avec pour camarades de classe des gens intéressés uniquement par l'argent et sans aucune vocation ?!
J'ai beaucoup réfléchi aux différentes possibilités avant de me lancer dans cette réorientation, et j'ai revu ma position sur les écoles de commerce. Je ne dis pas que j'aurai un CDI payé 5000€ par mois dans 1 an (faut pas déconner, je chercherai quand même un boulot dans le ciné !), mais je sais que la formation que je vais suivre est une formation 100% pratique, avec des profs qui sont essentiellement des professionnels du secteurs. Et c'est ce qui m'a vraiment manqué durant mes 4 années d'études précédentes.
Je n'ai pas encore fini mes études supérieures, mais je peux dores et déjà dire que je suis plutôt contente de mon parcours. Parce qu'il est diversifié, et parce que ma scolarité n'aura pas coûté 35 000€ à mes parents. Je trouve que suivre une année de cours pratiques est une façon parfaite d'achever un parcours entièrement théorique.
Quand j'étais en primaire, je ne voulais pas passer mon bac. Quand j'ai commencé mes études supérieures, je voulais travailler le plus tard possible. Aujourd'hui, je suis contente d'achever mes études, et de me dire que je vais bientôt tourner une page de ma vie. Sans regrets, et les pensées tournées vers les nouvelles aventures qui m'attendent.
(D'ici 6 à 8 mois, un article sur les joies du chômage ! :D)